Rencontre avec Pierre-Emmanuel Taittinger

Rencontre avec Pierre-Emmanuel Taittinger

Il y a quelques temps, je croisais Pierre Emmanuel Taittinger dans un train. Après un rapide échange, nous convenons de nous revoir. Au final, ça donne cet interview où on évoque de très nombreux sujets. Nous espérons qu’elle vous plaira !

Pierre Emmanuel, est-ce que tu peux te présenter ?

Je suis Pierre Emmanuel Taittinger, je suis au soir de ma vie professionnelle puisque j’ai 66 ans. Je termine une carrière dans une maison de champagne dans laquelle je suis rentré à l’âge de 24 ans. Je t’expliquerai pourquoi ça ne se termine pas tout de suite mais globalement je suis au soir de ma vie professionnelle et peut être même de ma vie tout court. C’est comme ça et c’est très bien.

Tu rentres dans la maison Taittinger à 24 ans, qu’est-ce que tu fais avant ?

Avant j’étais un très mauvais élève. Je n’aimais pas l’école et je n’aime toujours pas plus aujourd’hui. J’ai compris longtemps après pourquoi j’avais été un mauvais élève. Je me suis rendu compte que j’avais un problème de concentration. Les bons élèves peuvent attendre quatre heures en écoutant les professeurs parler et en étant très sérieux. Moi j’étais un élève de fond de classe, près du radiateur, avec une grande capacité à rêver. Ça ne m’a pas servi dans les études mais ça m’a beaucoup servi dans ma vie professionnelle. Je considère qu’avoir une capacité au rêve est très importante. En ce sens là je dois beaucoup à ma mère qui est une artiste merveilleuse et qui m’a toujours appris à rêver et à vivre dans un monde où ma poésie compte beaucoup. Je pense que si j’ai développé de l’énergie et un savoir faire, cette capacité à rêver est fondamentale dans la vie d’aujourd’hui.

Je rentre comme simple vendeur de champagne dans l’entreprise en tant que VRP, représentant de commerce. Je suis payé à la commission. Je me mets à vendre du champagne tout simplement parce qu’un gérant de boite de nuit m’a dit « puisque tu ne sais pas quoi faire, tu t’appelles Taittinger, t’as qu’à vendre du champagne« . Finalement c’est ce que j’ai commencé à faire, ça m’a permis de rencontrer celle qui allait devenir ma femme et qui souhaitait aussi que je me mette au boulot. Très vite mon oncle Claude, qui était le président de la maison, a trouvé que je ne me défendais pas trop mal. Il m’a alors fait rentrer dans la maison comme « vendeur plus ».

J’ai du refaire des études. J’ai fait un diplôme d’école de commerce, puis un deuxième à Paris. Il voulait que j’aie des diplômes donc je les ai passés et je les ai eu, sans plaisir. J’ai commencé à progresser dans la société jusqu’à être parvenu au poste de directeur général de l’entreprise. La famille Taittinger décide alors, dans une très large majorité, de vendre un groupe familial. C’était un groupe plus important qui était présent dans de nombreux domaines : le champagne, l’hotellerie de luxe, la cristallerie Baccarat. Ce groupe est racheté par un groupe américain qui s’appelle Starwood capital. Très vite, ce dernier revend des actifs. Le premier qu’ils revendent c’est le champagne. Comme ils ont vu que j’étais intéressé par cette affaire, je me suis porté candidat (face à une quarantaine d’autres candidats). Nous avons pu reprendre le champagne Taittinger avec l’aide du crédit agricole Nord Est. Ça fait donc 11 ans que je suis président.

Tu vendais à qui ces bouteilles de champagne au début ?

J’avais la carte de la Haute Savoie. J’avais une petite deux chevaux. Je n’avais pas d’argumentaire. J’avais également les tarifs. Les gens pensaient que parce que je m’appelle Taittinger je connaissais le champagne ce qui n’était pas tout à fait vrai. J’avais du bagou et puis j’étais sympathique. Notre champagne est très bon donc ça aide. Je n’étais pas un grand vendeur car je n’avais pas les rudiments du métier.

On disait de moi que je travaillais peu mais que, quand je m’y mettais, j’avais des résultats et j’allais vite. J’avais un maximum de commandes très rapidement. C’est d’ailleurs pour ça que mon oncle Claude m’a embauché dans la société.

De quoi tu t’occupes quand tu rentres dans la société ?

On m’a confié le marché anglais. Je faisais de la vente complète auprès d’un distributeur. Ensuite je suis retourné à Reims où j’étais en charge de la grande distribution : les hypermarchés et supermarchés. Je suis devenu directeur commercial de la société et grand ambassadeur de la maison dans le monde. Ensuite, directeur général adjoint, puis directeur général. Le groupe est vendu, puis racheté. J’ai donc été président.

Comment ça se passe pour toi ce rôle de grand ambassadeur ?

Ça a beaucoup chargé. Aujourd’hui, mon fils Clovis, qui est le grand commerçant de la maison, a 250 emails à faire par jour. Le business va beaucoup plus vite aujourd’hui. À l’époque, c’était beaucoup de relations publiques. Les vins français dominaient le monde alors qu’aujourd’hui ils ont une très belle place mais une part de marché qui diminue. C’était à l’amitié, on faisait un cocktail, on rencontrait les directeurs d’hôtel, on se tapait dans la main et c’était réglé.

Aujourd’hui, c’est beaucoup plus technique mais il reste toujours le facteur humain. On ne se passera pas de la sympathie entre un acheteur et un vendeur. L’humain jouera toujours un rôle très important. C’est d’ailleurs vérifié par toutes les équipes que j’ai mises en place. Les ventes que nous faisons sont liés à la qualité du champagne mais aussi à l’humanité de notre relation commerciale.

Comment est-ce que tu t’es approprié le champagne ?

Je ne me suis jamais rendu compte que je m’appelais Taittinger. Peut être quand je suis devenu Président. J’ai toujours été un serviteur de la maison. Je suis au service de la maison, des clients, des employés, des marchés, de la champagne, du pays. J’avais appris ça dans les écoles de mon enfance. J’ai toujours aimé servir.

J’ai évolué dans cette maison. Je n’ai pas fait ça par passion. Je me suis occupé de Taittinger par devoir. Mon père a fait une carrière politique importante, ma mère était une artiste. Il y a toujours eu ces deux tempéraments en moi mais le champagne je l’ai fais par devoir. Une famille s’était battu pour concevoir cette marque de champagne. J’ai vécu la vente du groupe comme une tragédie et quand j’ai repris le champagne, je l’ai fait par devoir.

Comment as tu vécu la vente du groupe ?

C’était une tragédie. La vente du groupe n’était pas obligatoire et le groupe marché très bien. Il y avait de l’immobilier, des hôtels, des positions très solides et stables. Il n’y avait rien de vraiment à risque. J’ai respecté cette vente mais je l’ai vécue comme une tragédie. Je dois avoir un sens paysan mais je n’aime pas vendre. J’aime bien conserver, développer. J’aime bien vendre du champagne bien sûr, mais pas des actifs. Je trouvais que ce n’était pas bien. On vendait quand même une partie du patrimoine français : ce n’était pas conforme à ce que je pensais.

J’ai appris de nombreuses personnes dans ma vie, dont mon père qui s’est beaucoup battu dans sa vie politique et qui a fait des choses très bien. La vente du groupe m’a bouleversé et m’est revenu dans la tête l’histoire de mon oncle michel. Il était mort à 20 ans en stoppant une panzer division le 15 juin 1940 alors que le commandement français était en débandade. L’acte d’héroïsme de mon oncle Michel qui fait le sacrifice de sa vie. Il fait sauter sa batterie avec ses deux derniers obus, refuse de se rendre aux allemands et se fait descendre au corps à corps d’une rafale de mitrailleuse par un jour de beau temps. Michel c’était un résistant et il m’a beaucoup inspiré. Je n’ai jamais voulu avoir la légion d’honneur car la sienne est dans son bureau. Sa légion d’honneur témoigne d’une partie de la famille qui a l’âme résistante.

En rachetant le champagne Taittinger, j’ai fait un acte de patriotisme économique. C’est ce qui m’a le plus plu dans cette affaire. Je crois vraiment à ça.

On sent que ton bureau est chargé d’histoire

Oui, c’est un lieu de famille. Il y a mes oncles, mon grand père, des gens qui ont compté dans l’histoire de cette famille. Je ne me suis jamais vraiment approprié ce bureau. D’ailleurs, je ne te reçois pas derrière mon bureau mais à côté. Je suis de passage. Le mot de président ne m’a fait aucun effet. Je n’ai jamais mis mon ego dans tout ça. Je n’ai aucun gout pour la gloire et les honneurs. Mon père me disait toujours : « il n’y a que deux médailles qui comptent : la médaille de mère de famille nombreuse et la médaille du sauvetage ». Ça ne veut pas dire que d’autres médailles ne sont pas importantes, la Légion d’honneur est une très belle décoration. Mais je n’ai jamais été intéressé par ça. La légion d’honneur de mon oncle Michel est une étoile qui ne cesse de briller dans le firmament de mon âme.

Comment se passe le rachat du champagne ?

Je suis allé voir la banque régionale. Je savais qu’elle était indépendante et qu’elle pouvait prendre des décisions sans l’accord de Paris. J’ai rencontré un homme absolument formidable qui s’appelle Bernard Marie. Il était plus qu’un banquier : il considérait que sa banque devait être leader dans la défense des intérêts économiques de la région. Il a eu une oreille attentive et il a mis son énergie, sa détermination et son indépendance d’esprit pour aller rechercher le champagne. C’est lui, sa banque, et son équipe du Crédit Agricole du Nord Est qui a fait cet acte. Il l’a fait car il a vu que j’avais la volonté de porter cette maison. On a eu un vrai rapport de confiance ensemble et on l’a fait.

Il y avait une quarantaine de candidats du monde entier. Ça s’est progressivement décanté. Finalement on l’a emporté. Ça se joue au projet, au prix, et des facteurs humains, politiques. Je crois qu’il savait que je suis un homme loyal. Je n’ai pas eu de passe droit particulier et je pense qu’ils ont apprécié que je joue le jeu comme les autres. J’ai toujours été comme ça dans les affaires. C’est nous qui avons fait le plus gros chèque.

Qu’est-ce que tu fais au début ?

Je pense tout de suite à la transmission. Il y a tant d’entreprises qui sont incroyables avec un fondateur impressionnant mais dont les grands leaders n’organisent pas la succession car ils ne se voient pas vieillir. J’ai vu ce réflexe chez plein de chefs d’entreprise. Quand je suis devenu président, j’avais 55 ans. Je me suis dit qu’à 65 ans je partirai. Le signe d’un vrai manager c’est de transmettre une société en bon état de façon tranquille, serein. Ça a surpris beaucoup de monde. J’ai tout de suite décidé de recruter des jeunes et de leur faire confiance en déléguant.

Je m’aperçois que je décide vite, et que je suis un stratège convenable. Je me sépare vite d’une génération qui allait partir.

Dès que je suis arrivé, je me suis entouré de personnes plus intelligentes que moi avec qui j’ai partagé le pouvoir. Certains patrons sont des divinités et s’entourent de gens moins bons qu’eux. S’il y a une chose que j’ai réussi, c’est le choix des personnes qui m’ont entouré, l’esprit que nous avons créé.

J’engage un jeune ingénieur qui a beaucoup de talent, Damien le Sueur, à qui je donne une grande confiance. Deux de mes enfants me proposent de me rejoindre. Mon fils Clovis est devenu l’homme qui porte les affaires. Vitalie incarne l’âme de la maison avec un talent de communicante et de rassembleuse. J’engage une merveilleuse DRH, un autre garçon formidable. Il se crée alors une équipe formidable et une dynamique incroyable. Ils ont décidé ensemble de qui allait décider du commandement de la maison.

Je dirai que j’ai réglé la voilure humaine du projet de la maison. J’étais le capitaine du bateau. Je faisais quelques ajustements pour faire en sorte que le bateau avance mieux que les autres. L’aventure de l’entreprise c’est une grande aventure humaine. Il y a 250 ans c’était une abbaye ici. J’ai toujours voulu un esprit collégial où on est heureux d’être ensemble. J’ai toujours eu ce sentiment de brièveté. Ayez des vies heureuses, aimez vous les uns les autres et faites de belles choses.

Désormais, c’est Vitalie qui va prendre la direction de la maison mais c’est très collégial. Chacun a des périmètres et un vrai travail d’équipe est prêt. Ils s’entendent très bien et je serai là pour m’occuper du capital, des actionnaires et de tas de choses importantes dans la vie du champagne.

Mon seul goût du luxe est ma paire de chaussures de marche en montagne. J’adore marcher en montagne à Chamonix. Là je me sens bien.

Quel était ton quotidien de Président du champagne Taittinger ?

On a changé de site de production en réalisant une très belle opération. On a restructuré notre circuit de visite. On a développé nos ventes. On a développé le domaine Carneros par Taittinger en Californie. On a lancé une affaire dans la Kent que je vais continuer à diriger car elle est dans le berceau. On a fait beaucoup de choses en 11 ans. On a vraiment développé la maison tout en me consacrant à la champagne et au domaine champenois. Je suis président de la mission Unesco. J’ai des engagements bénévoles au service de tous. Je pense qu’il faut donner 10% de son temps de manière bénévole à quelque chose qui vous tient à coeur. On doit donner. Je suis quelqu’un de généreux. La générosité compte pour moi et on doit donner du temps et du talent à des oeuvres, à des causes. Donner du temps de façon bénévole c’est important. On est encore plus fort dans son activité professionnelle quand on a ça.

Tu as parlé du Kent, tu peux nous en dire plus ?

C’est une région magnifique, c’est le jardin de l’Angleterre. On s’est rendu compte qu’il y a des landes crayeuses, propices au chardonnay, pinot noir et pinot meunier (des cépages français). Le réchauffement climatique nous fait comprendre que l’avenir sera plus favorable. Le marché anglais est très important pour la bulle : c’est le premier marché du champagne après la France. Ils feront des bulles différents du champagne mais de grande qualité. J’ai un ami anglais qui a beaucoup développé la marque. Par amitié pour lui j’ai eu envie de travailler sur cette affaire qui sera complémentaire. Là encore, il y a un alignement des planètes : mon père a jumelé Reims avec Canterbury quand il était député maire.

On a planté la vigne et on a fait la troisième vendange cette année. On vendra la première bouteille dans trois à quatre ans. Ça s’appellera Domaine Evremont, pour des raisons historiques. Ce sera très bon. Petit, mais excellent.

En Californie, on a un domaine très abouti qui date de 1988. L’emplacement est excellent, à l’entrée de la Napa Valley. Le domaine est admirablement dirigé par une femme remarquable.

Quand je suis arrivé dans la maison, on m’a envoyé au Japon. Je suis revenu en disant que ça irait très vite. Mon oncle Claude m’a dit non en raison de leurs habitudes alimentaires. Au final, ça a mis 40 ans. Ce sera pareil en Chine. Le marché chinois, même si nos amis de LVMH font un énorme travail pour lancer le champagne, est similaire : c’est très long.

Qu’est-ce que le champagne pour toi ?

Le champagne c’est une cérémonie. Avec le champagne on célèbre une fête, un succès, une déclaration d’amour, une retrouvaille. Des personnes qui allaient mourir m’ont appelé à leur chevet pour boire un verre de champagne. Le champagne c’est plus qu’un vin. Je me bats toujours pour ne pas déguster le champagne dans un verre un vin mais dans la coupe qui lui ait dédié. Quand on ouvre une bouteille de champagne il se passe quelque chose. Le champagne, c’est un acte d’amour.

On ne peut pas tous être la Reine d’Angleterre ou un milliardaire. Par contre, acheter une bouteille de champagne pour 30 – 35 euros, c’est possible. Et avec une bouteille de champagne, on passe une heure ou deux comme la Reine d’Angleterre (ndlr : c’est sûr qu’on en profite et on ne pense pas aux calories dans le verre).

La définition du bonheur est en fait très très simple et quand on a compris ça c’est beaucoup plus simple. Le bonheur c’est un bon repas avec des gens qu’on aime. Quand on sait ça, ça rend la vie beaucoup plus simple. Je crois que le bonheur c’est quelque chose d’assez simple mais on s’en rend compte après.

On parle beaucoup d’oenotourisme

Oui, c’est très important. Je m’en occupe beaucoup au sein de la mission Unesco. C’est important car ce sont des gens du monde entier qui viennent découvrir une région viticole. L’oenotourisme, c’est la générosité d’une région. C’est un acte d’amour qu’ils font en visitant la région et on leur rend quelque chose. C’est aussi un acte de culture. On vient pour se cultiver. Ce n’est pas uniquement l’histoire du vin qu’ils veulent entendre, mais l’histoire de la révolution, des moines, ce sont des tas de choses. La culture doit faire partie de la vie d’une entreprise, quelle qu’elle soit. Rien ne peut se faire sans patrimoine et sans culture. Il est possible de visiter le champagne Taittinger en suivant ce lien.

Quel est ton rapport avec l’art ?

Nos bouteilles sont signées de notre nom. Notre nom, parce que le champagne est bon, est devenu célèbre. Pour moi, associer le champagne aux autres arts est important. D’ailleurs, je pense que chacun peut être un artiste. Il faut ajouter la culture à l’art. Ça compte beaucoup d’être très cultivé. Si vous n’êtes pas cultivé et qu’il vous arrive un pépin, vous êtes foutus. Ce qui compte c’est d’avoir une richesse intérieure.

Si tu pouvais parler à Pierre Emmanuel Taittinger quand il rentre, à 24 ans, au champagne. Que lui dirais tu ?

Si tu travaillais un peu plus tu pourrais faire de très très grandes choses. Voilà ce que je lui dirai.

Comment est-ce que tu as organisé ta succession ?

Je l’ai préparé dès le début. On a fait une décoction. Le poste de Président est important mais c’est une vraie équipe qui dirige. Quand j’étais président, s’il y avait des désaccords, je mettais au vote. Si je perdais au vote, je m’inclinais. J’ai fait une chose assez rare : j’ai donné un droit de veto au directeur général. Ils l’ont rarement utilisés mais je l’ai respecté sur parole. Ça élimine tout égo et ça évite les mauvaises décisions. J’ai été très très heureux de partager le pouvoir. On est tous susceptible de faire une erreur.

Qu’est-ce que tu vas dire à Vitalie quand elle va être nommée présidente ?

Je lui dirai : j’ai confiance en toi, je t’aime. Occupes-toi des détails. Vois la société comme si tu étais en dessous. On ne voit bien les choses que lorsqu’on est en position d’infériorité. Quand on est en dessous et au service, on voit bien. Mes héros m’ont toujours tiré vers le haut. Mais mes héros ont toujours été des gens d’en bas qui font bien leur travail. Je lui dirai d’être créative, de ne pas avoir peur de sortir des sentiers battus, de décider rapidement en équipe. Et surtout je lui dirai : aimez vous les uns les autres. J’ai une devise particulière à laquelle je crois : « être sérieux, sans se prendre au sérieux ». J’ai toujours appliqué ça pour moi.

Qu’est-ce que tu vas faire après ?

Je vais continuer à m’occuper de la mission Unesco et à servir la maison. Je vais m’occuper des autres. Il y aura peut être des choses à faire dans la région, dans le pays. J’ai envie d’être utile. J’aimerai bien aller à la pêche mais ça ne me correspond pas. J’ai envie de faire mieux que ce que j’ai fait.

J’ai parlé de mes deux premiers enfants et j’ai une fille Clémence, que j’adore. Je vais travailler avec elle dans ce qu’on appelle le family office. Je vais être sous son autorité mais nous allons beaucoup travailler ensemble.

Je viens d’acheter une entreprise merveilleuse toute petite, qui avait des difficultés financières et qui fait des vitraux. C’est la plus ancienne entreprise de Reims (ndlr : voici une sélection des bars à vin à Reims). Je l’ai racheté avec un champenois, comme moi, qui est polytechnicien. C’est Philippe Varin. On aime vitrail et on reprend cette entreprise qui entreprend quatre personnes. On va conserver le savoir faire pour aller faire de magnifiques vitraux un peu partout.

Si tu avais un livre à recommander ?

C’est très très simple : le Petit Prince et les Mémoires de guerre du Général de Gaulle. Je recommande à tout le monde ces deux lectures qui sont incroyables et qui sont un guide dans la vie.

Si tu avais une bouteille à emmener sur une île déserte ?

C’est très très simple. Le bien le plus précieux de la planète c’est l’eau. Ce serait donc une bouteille d’eau.

Si tu avais une personne à me recommander dans le cadre de ce podcast, qui est-ce que ce serait ?

J’ai deux idées : Bernard Arnault, parce qu’on est très différents. Sinon, Michel Chapoutier : c’est un personnage formidable, flamboyant, iconoclaste.

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